GR22
Sentier du Mont-Saint-Michel
Relier Paris au Mont-Saint-Michel à la force des cuisses ?

L’idée m’a séduit, d’autant plus que le trajet jusqu’aux Ardennes s’était bien déroulé et que je souhaitais ajouter à ma liste un trajet que tout le monde peut s’imaginer. Une nouvelle fois, je prends la route au départ du Parvis de la Cathédrale Notre-Dame à Paris pour une nouvelle excursion. Note : Rédigé sur une autre plateforme en 2019, l’article complet n’a pu être récupéré en intégralité et reste assez parcellaire.
- Jour 1 : Paris – Chartres (154km / 10h00)
Peu d’intérêt à détailler le parcours (parfois chaotique) jusqu’à Rambouillet qui se fait partiellement par voie verte, alternant parfois avec des portions de route et ses véhicules… A partir de Rambouillet, l’éloignement avec la frénésie Parisienne se fait légèrement ressentir et permet de prendre enfin la route du voyage !
Les passages dans les villes d’Epernon, Villiers le Morhier et Maintenon permettent de se ravitailler après les nombreux kilomètres sur route. Les paysages sont toutefois agréables et permettent réellement de s’évader. De beaux sites sont à visiter, pour ceux qui en prennent le temps, et il ne faut pas hésiter à se « perdre » pour découvrir quelques pépites. J’entends par là : levez les yeux de votre carte ou GPS et roulez où bon vous semble (tout en restant à proximité de l’itinéraire, les kilomètres sont précieux). La journée se conclue par une excellente nuit au camping municipal de Chartres.
- Jour 2 : Chartres – Nogent-le-Rotrou (78km / 07h00)
Après une courte visite des rues désertiques de Chartres (ponts de Mai obligent), l’objectif est de rejoindre Frazé pour manger à midi. Les kilomètres s’enchaînent et les cuisses sont assez sollicitées pour accéder à Frazé !
Après de belles descentes méritées suite à de belles montées, l’arrivée à Frazé est un soulagement pour les jambes… et l’estomac ! Le seul restaurant d’étape permet de bien manger, pour un tarif imbattable et ponctué de la chaleureuse amabilité du personnel, habitué à voir les cyclistes à bout de souffle !
Après un passage par Thiron-Gardais, la route se poursuit tranquillement jusqu’à Nogent le Rotrou où les pentes se succèdent pour nous faire mériter la pause jusqu’au lendemain.
Ainsi, la rude côte du lieu-dit « Le Goulet » entre Thiron et Nogent suivies de celles de Nogent ont eu raison de mes derniers élans de motivation mais toujours au milieu de paysages somptueux.
- Jour 3 : Nogent-le-Rotrou – Alençon (81km / 08h00)
En quittant Nogent, la Véloscénie se digère en voie verte jusqu’à Alençon. Aucune difficulté majeure hormis cette monotonie qui peut parfois surprendre…
Le parcours est agréable et se fait sous les arbres sur un chemin anciennement voie de chemin de fer. De nombreuses gares abandonnées ou transformées en petites habitations permettent de solliciter (avec sourire et politesse) un ravitaillement en eau.
- Jour 4 : Alençon – Mortain (101km / 10h00)
Le parcours s’orientait sur une arrivée à Domfront après de nombreux efforts vu les cartes et guides qui mentionnaient un relief particulièrement différent de la veille !
Pris dans un élan de motivation, l’arrivée à Domfront s’est faite à 15h… et la vue d’un premier panneau indiquant le Mont Saint-Michel à 98 kilomètres m’a donné un coup de boost à poursuivre jusqu’à Mortain !
De Carrouges à Bagnoles de l’Orme, aucun point de ravitaillement n’est possible, il conviendra donc de s’assurer d’avoir fait le plein à Carrouges. Même si la carte annonce quelques villages et hameaux, pas de boulangerie, dépôt de pain ou moyen de restauration.
L’arrivée à Saint-Ptrice du Désert permet de découvrir une oasis pour tous les vadrouilleurs : point d’eau, table, toilettes et abri ! Le soulagement est tel que certains ont laissé une trace écrite de leur passage témoignant à la commune un grand merci !
Bagnoles de l’Orne est un point de passage intéressant pour faire le plein pour les prochaines étapes et de prendre quelques instants pour faire une pause près du lac qui offre un joli point de vue. La ville mérite donc de s’y arrêter mais est très trop axée sur le tourisme avec ses innombrables restaurants…
La ville de Domfront est située sur les hauteurs et demande quelques efforts qui ne se font pas trop sentir grâce à la beauté du paysage et des nombreux panoramas. Probablement en raison des ponts du mois de mai, la ville était déserte… Je me suis donc laissé perdre dans les rues et j’ai pu découvrir le second panneau annonçant le Mont Saint-Michel… il n’en fallait pas plus pour me forcer à poursuivre sur quelques kilomètres pour gagner du temps le lendemain !
Quelle déception ! Pour accéder à Mortain, il faut quitter la voie verte et rejoindre la ville par une autre petite voie verte annexe suivie de petites routes… qui montent sans cesse. L’effort est assez intense, surtout en fin de journée et l’arrivée au centre-ville permet juste de se ravitailler… Je suis au final content d’avoir allégé mon parcours la veille pour éviter le détour le dernier jour qui se serait révélé une déception. Si vous n’avez pas besoin de vous ravitailler, poursuivez votre chemin et conservez votre motivation !
LE BILAN
Quel bonheur cette Véloscénie ! Bien que toutes les portions ne se fassent pas en voie-verte, l’implication des bénévole est remarquable pour ce balisage sans faute jusqu’à destination.
Les paysages variés des différents départements traversés permettent de vraiment ressentir le voyage au long cours bien qu’il se fasse assez rapidement.
- Jour 5 : Mortain – Le Mont-Saint-Michel (63km / 05h00)
Je me rapproche doucement et au fil du vent ! Parce que dès les premiers kilomètres, l’air se fait plus frais et le vent plus fort ; aucun doute, la côte n’est plus très loin.
En partant de Mortain, pas de halte jusqu’à Pontaubault, préférant gagner du temps pour l’après-midi. Cette dernière étape marque la fin de la voie verte suivie pendant deux jours et fait place à de petites routes où la direction à suivre est toujours bien indiquée.
De Pontaubault, le Mont n’est plus très loin si l’on se contente de suivre la route principale, ce qui est fortement déconseillé par les guides en raison de la forte circulation des véhicules en tous genres.
Conseils pris auprès des locaux, tous me confirment que rallonger mon temps de parcours par les petits axes est bien plus prudent. Bref, j’opte pour le choix de la raison, au grand détriment de mes cuisses face au vent incessant. Plutôt troublant, le Mont se dessine à l’horizon et la direction à suivre m’en éloigne de plus en plus…!
L’arrivée au Mont-Saint-Michel se fait donc par le Sud alors que le trajet le plus direct se faisait par l’Est. Après avoir longé une nouvelle voie verte qui mène au pont-barrage, me voilà enfin arrivé ! Épuisé par le vent permanent mais aussi par ces cinq jours d’effort, la récompense est à la hauteur de tous ces maux !
Pour ceux qui souhaite rejoindre le Mont, son accès est interdit à vélo hormis avant 10h le matin et après 18h30 le soir. Toutefois un parking à vélo (non surveillé) est situé à côté du pont-barrage et permet d’attacher sa monture pour rejoindre le Mont à pied.





























